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Maroc 2010, Le Bleu de Fès, les potiers..le Zellige..

Publié le par petitefolie72

 

La Poterie ou Céramique émaillée s’est développée à Fès dès le XIème siècle. Sous la dynastie Almohade, on a recensé 188 ateliers de potiers en activité dans la Médina. Actuellement, le quartier des potiers se situe en dehors de la ville ancienne, sur la route de Sidi Harazem, près des carrières d’argile.

Des blocs d’argile bruts à l’assiette finement décorée de motifs géométriques, de fleurs ou de lettres coufiques, en bleu de Fès ou polychrome, nous allons admirer le travail de ces artisans.

 

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L’argile est la matière première principale utilisée. Elle arrive en blocs, elle est ensuite concassée puis déposée dans une fosse pleine d’eau pendant 2 jours. Elle est travaillée pour obtenir une pâte homogène. Ensuite cette pâte est sortie de la fosse puis égouttée pendant 2 à 4 jours selon l’humidité et la température de l’air. Un ouvrier prépare ensuite, par un vigoureux pétrissage, la motte d’argile (le colombin) qui sera modelée par la suite, pour en extraire toutes les bulles d’air et la rendre la plus malléable possible.

Le potier pose le colombin sur le plateau du tour (la girelle). De ses mains régulièrement trempées dans de l’eau, il guide et façonne la terre tandis qu’il actionne le tour avec le pied. Une fois l’objet fini, il le détache de la motte à l’aide d’un fil. Les pièces réalisées sèchent dehors entre 1 et 3 jours en moyenne. Les grosses jarres et les grands vases sont quant à eux, d’abord entreposés à l’intérieur durant 5 jours avant de continuer le séchage à l’extérieur pendant 5 jours supplémentaires, et ce afin d’éviter que l’argile ne se fendille sous l’effet d’un séchage trop rapide.

 

 

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Ensuite, le potier reprend l’objet pour faire les finitions : former le pied du bol ou creuser le fond de l’assiette… c’est le tournassage. Pour ce faire, des objets hétéroclites sont utilisés : lanières de cuir, bouts de roseau ou de métal et même … carte de téléphone !
En une journée, le potier expérimenté peut fabriquer jusqu’à 200 bols et en faire les finitions le lendemain.

 

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Après tournage, les bols, assiettes, théières, soupières, … sont empilés dans un four en terre hermétiquement fermé pour subir une première cuisson de 6 heures entre 800 et 960 degrés qui leur donne une certaine solidité. La pièce, devenue poreuse, passe dans les mains des décorateurs.

Ils se chargent d’orner tous ces objets de motifs bleus ou polychromes sur fond blanc représentant des formes géométriques, des fleurs ou des lettres et textes stylisés. Pour ce faire, l’artisan utilise, en plus du compas et de divers autres outils, des pinceaux de différentes tailles et épaisseurs qu’il a lui même fabriqués avec des morceaux de roseaux et du crin de cheval.

Un bon décorateur doit avoir au moins 8 ans d’expérience pour créer ses propres motifs inspirés de poteries anciennes et à la symbolique complexe. Il a commencé son apprentissage en remplissant de couleurs les espaces définis par le Maalem (le maître).

 

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Les Couleurs :


Les couleurs utilisées par les potiers de Fès sont obtenues avec des matériaux de récupération :

  • Le Jaune est un mélange d’anciennes théières en étain, de cosses de batteries pilées et de sable.
  • Le Vert foncé, couleur des tuiles de la Qaraouiyine : est un mélange de cuivre extrait des radiateurs de vieux camions chauffés et pilés, de sable et d’oxyde de plomb.
  • Le Marron est obtenu à partir d’une pierre de Oued El Maleh concassée.
  • Le Rouge est un mélange de sable fin, d’oxyde de plomb et de colorants.
  • Le Bleu de Fès est obtenu à base d’oxyde de Cobalt.

Le sable utilisé dans ces teintes provient de Boufekrane, dans la région de Meknès, et est réduit à l’état de farine. L’oxyde de plomb est obtenu par la récupération de vieux tuyaux cuits pendant 3 heures à 500 ou 600 degrés. Après avoir mélangé les éléments ci-dessus, l’artisan doit tester les couleurs afin de s’assurer qu’il a bien obtenu les nuances exactes demandées. Les couleurs réelles n’apparaissent qu’après cuisson par exemple le bleu de Fès, la couleur la plus typique des poteries fassies, est au départ un violet clair. Une fois qu’il est sûr du résultat, il les remet aux décorateurs.

 

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Maroc Voyages d’orient
Composée de six histoires, cette très belle série sur le Maroc est une invitation au voyage et au rêve.
Véritable itinéraire initiatique, Voyages d’orient nous conte l’art et la culture du Maroc. Sources d’inspiration pour plusieurs générations d’artistes occidentaux.
Sur les traces d’un aventurier comme Léon l’Africain et d’artistes comme Delacroix ou Matisse, nous partons à la rencontre de cet Orient qui, dès la fin du XVIII eme siècle, éblouit tant les Européens.
Voyages d’Orient est le récit de la rencontre de l’orient et de l’occident, deux mondes qui se sont mutuellement fascinés, confrontés, heurtés, pour se séparer sans jamais se quitter tout à fait….
Bleu de Fès 1
envoyé par chamali. - Explorez des lieux exotiques en vidéo.

 

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Fès : Village des potiers et zelligeurs enfin prêt

mardi 7 septembre - Partager 

Le projet de création du quartier artisanal Benjellik des potiers et zellijeurs de Fès prend enfin forme. Depuis quelques mois, les réunions entre la délégation du ministère de l’Artisanat, les autorités locales et les artisans se succèdent pour trouver des solutions aux différents problèmes qui handicapent l’avancement de ce projet qui s’inscrit dans le cadre du programme de transfert des activités polluantes en dehors du la ville de Fès.

La dernière en date a réuni, il y a quelques jours, les potiers et les banquiers pour les informer sur les procédures et les démarches pour l’octroi de prêts bancaires et de fait leur permettre de résoudre la problématique du financement notamment des constructions que rencontre bon nombre de potiers. Une visite a été par ailleurs effectuée le 19 août par les représentants des banques accompagnés du délégué régional du ministère de l’Artisanat, des représentants des autorités locales et des artisans aux sites Benjellik et Ain Nokbi pour évaluer l’importance de ces projets.

A rappeler qu’en vue d’accélérer le rythme des travaux de réalisation du projet, un comité de contrôle et de valorisation a été créé le 28 mai dernier en remplacement du comité technique consultatif de suivi dont la mission s’est achevée après la distribution de tous les lots. « Le nouveau comité, sous la supervision du wali est en charge du suivi de toutes les opérations liées à l’achèvement du projet dans tous les aspects technique, administratif et juridique. Ainsi, plusieurs réunions et visites régulières du site ont été organisées pour évaluer l’état d’avancement du projet », explique Abderrahim Belkhayat, délégué régional du ministère de l’Artisanat.

Résultats : Il a été procédé à l’arrêt à partir du 14 juin 2010 du transfert de la propriété relative au projet Benjellik à des tiers jusqu’à l’achèvement du projet en vue de réduire la spéculation immobilière qui entrave l’atteinte des objectifs du projet. « Toutes les demandes liées à cet aspect seront présentées au comité afin de les étudier et de prendre les mesures nécessaires. A cela s’ajoute une série de réunions de sensibilisation au profit des bénéficiaires du projet en vue de les inciter à construire leurs ateliers dans les plus brefs délais et d’acquérir leurs fours à gaz et surtout ceux qui disposent de moyens financiers. Le projet d’aménagement de la route menant au projet a été aussi achevé grâce aux efforts des différents partenaires », précise Abderrahim Belkhayat.

A noter aussi qu’il y a eu diffusion le 23 juin dernier d’un avis à caractère informatif, adressé à tous les artisans potiers-zellijeurs de Fès, pour les informer sur l’application de l’arrêté communal du 9 août 2007, qui empêche la pratique de ce métier en dehors du quartier Benjellik et l’utilisation des fours traditionnels polluants. L’objectif selon le délégué régional de l’artisanat est d’améliorer d’une part les conditions de vie des artisans et de mettre à niveau cette filière de l’artisanat et d’autre part de réduire l’effet de pollution lié à ce type d’activité sur la ville.

Une fois les travaux de construction du quartier artisanal achevés, le département de l’Artisanat prévoit un plan d’accompagnement des artisans qui se décline en deux axes majeurs. Le premier, d’ores et déjà en cours, concerne l’équipement des ateliers et consiste à remplacer les fours traditionnels réputés « polluants » par des fours à gaz. Le deuxième volet de l’accompagnement concerne la formation des artisans, notamment à l’utilisation de nouveaux procédés de production et à l’amélioration de la qualité.

De leur côté, les potiers et zellijeurs sont plus que jamais conscients que la mise à niveau de leur secteur d’activité demeure l’unique solution aux problèmes actuels, notamment la dégradation de la qualité, les problèmes de maîtrise du marché, les carences en matière d’organisation ainsi que l’incompatibilité du cadre du travail avec les normes d’hygiène et de sécurité. A rappeler que, le projet Benjellik consiste en la création d’un village d’artisans à mono-activité pour accueillir tous les artisans potiers - zelligeurs de la ville, sur un terrain de 27 hectares de superficie comprenant 197 lots sur une superficie totale construite de 126 186 m². Il a buté depuis son lancement en 2004 sur plusieurs problèmes, qui sont aujourd’hui résolus, dont le problème du fond immobilier, l’état dégradé de la route menant au projet et la nature argileuse du sol du projet à effet majeur sur le coût de la construction et la réalisation.

51 fours traditionnels détruits

Les autorités locales ont fixé des délais aux artisans pour l’interdiction définitive des fours traditionnels réputés polluants. Après épuisement de ces délais, les autorités ont procédé le 6 août à la destruction de 51 fours traditionnels dans 18 ateliers de production de la poterie-zellij situés à proximité de la population à Ain Nokbi. A noter qu’une étude d’impact environnemental et social a été réalisée en 2009 avec un montant de 143.852,00 dollars financé par le Millénium Challenge Accouant. La 2e phase du programme devrait comprendre l’acquisition de deux fours à gaz en vue de réaliser des expériences de cuisson. Les artisans potiers-zellijeurs devraient par la suite acquérir des fours à gaz avec un appui de 1.250.000,00 dollars. Ils bénéficient d’un don de 60% pour l’acquisition de leurs fours à gaz dont 40% par le Fonds de Dépollution Industrielle FODEP et 20% par le Millénium Challenge Accouant.

Par Rachida Bami | LE MATIN


Commenter cet article

labaronne 02/11/2010 22:02



tu nous offres un superbe cadeau, j'ai tout lu tout aimé, merci, et quelles couleurs - je vais le faire voir à mon pied noir de mari, mais l'algérie n'a pas la même finesse dans cette art
décoratif qui est réservé au Maroc



petitefolie72 02/11/2010 22:49



j ai tellement de chose a raconter après ce voyage, tout est beau,  je prends plaisir a faire ces articles mais ca me vide !! bizzzzzz et merci de ta fidélité à mes écrits !! bzzzzz



Rosedesneiges 02/11/2010 17:38



en lisant ton billet je me remémore 30 ans en arrière où nous avions visité Fès et où mon mari a glissé dans la rue des potiers puique à cette époque ils balançaient les teintures dans la rue.Le
guide a dû nous laisser avec un gamin qui nous sorti de la médina


gros bisous


rosedesneiges



petitefolie72 02/11/2010 18:45



il y a 30 cela devait etre impressionnant, mais cela est toujours très traditionnel je vais mettre des photos des souks de fes ce soir, bizzzzzzzzzzz



ecureuilbleu 01/11/2010 19:44



Merci pour ce très bel article sur les potiers de Fès. Ces techniques artisanales sont toujours intéressantes à découvrir. Bonne soirée et bisous



petitefolie72 02/11/2010 18:46



oui c superbe, bizzzzzzzzzzz