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Le vieux Mans

Publié le par petitefolie


Le vieux Mans

La résurrection de la maison du Pilier aux lumières



Place du Hallai, la maison du Pilier aux lumières. Puis en 2009.

Après deux ans de travaux, la célèbre bicoque disparue du Vieux-Mans revit. En juin, les propriétaires y ouvrent un salon de thé familial, et une boutique de souvenirs.

On a longtemps appelé l'endroit « la dent creuse » du Vieux-Mans. Probablement édifiée à la fin du Moyen-Âge, la maison du Pilier aux lumières, toute de guingois, fut très prisée des photographes du début du XXe siècle. Elle s'est effondrée au début de la Seconde Guerre mondiale. Longtemps abandonné, le terrain a servi de dépôt de containers, a hébergé un transfo EDF, a failli finir en toilettes publiques !

Une statue sur la façade

Et puis, la passion dévorante des époux Guilbert pour le Vieux-Mans s'en est mêlée. Élisabeth et Jean-Pierre ont décidé de reconstruire la maison disparue du 7, place du Hallai. À l'identique, ou presque, au moins pour son aspect extérieur. L'ossature est en béton, l'enveloppe en bois.

Jean-Pierre Guilbert, ancien patron décorateur, a choisi des artisans qu'il connaît sur le bout des doigts. L'opération a été supervisée par Laurent Cohin, architecte du patrimoine, dans un secteur classé où le feu vert des Bâtiments de France était évidemment obligatoire.

Il reste encore les peintures extérieures à réaliser, rouge délavé pour les colombages, bleu pour les fenêtres et les corniches. C'est Jean-Pierre Guilbert lui-même qui va sculpter la statue de cirier qui prendra place dans la niche de la façade. Une faïencerie de Malicorne a fourni la terre et assurera la cuisson.

Comment les époux Guilbert ont-ils convaincu la ville du Mans de leur vendre le terrain ? Parce qu'ils en sont maintenant à la preuve par trois. Le couple a déjà entièrement reconstruit deux maisons dans la minuscule impasse Sainte-Catherine voisine. Il suffit de passer la tête dans la ruelle du haut de la place du Hallai pour voir la qualité du travail.

Thé et souvenirs au rez-de-chaussée

« On fait ça par passion, pas pour l'argent, explique le couple. Sinon, on aurait mieux fait d'investir dans un projet immobilier classique. » L'été dernier, les Guilbert ont quitté leur logement de l'impasse pour emménager à l'intérieur de la maison du Pilier aux lumières. Ils y occupent les deux derniers des cinq niveaux. Les deux étages inférieurs sont loués. Enfin, au rez-de-chaussée, Élisabeth Bourré-Guilbert va bientôt ouvrir Comme à la maison.

« Ce sera un petit salon de thé basé sur la convivialité et la simplicité », explique Élisabeth, arrivée dans le Vieux-Mans, à l'âge d'un an. Comme à la maison ne contiendra pas plus d'une quinzaine de places. On y exposera et on y vendra aussi des cadeaux souvenirs 100 % sarthois. De l'artisanat d'art, mais aussi des bougies, ou encore des spécialités culinaires.

De son côté, Jean-Pierre Guilbert a le projet d'installer des bouquinistes ou des spécialistes de la carte postale anciennes, le long des grilles de la rue du Pilier-Rouge. Le couple a toujours un projet dans ses cartons, et beaucoup de cartons. Un temps, il avait un projet de maison flottante sur la Sarthe, pour l'instant pas abouti. « Dites bien qu'on n'a rien à voir avec l'horrible péniche du quai Ledru-Rollin », insiste Jean-Pierre Guilbert.

Vu la résurrection réussie de la maison du Pilier aux lumières, on s'en serait douté.

Ouest-France 24/04/2009

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